La CFE (cotisation foncière des entreprises) est un impôt local que tout auto-entrepreneur doit payer, en général à partir de sa deuxième année — l'année de création étant exonérée. Elle est due même sans local, et se règle avant le 15 décembre. Bonne nouvelle : sous 5 000 € de chiffre d'affaires, vous en êtes exonéré.
Qu'est-ce que la CFE, et qui la paie ?
C'est un impôt perçu par les communes. Contrairement à une idée répandue, le statut de micro-entrepreneur ne dispense pas de la CFE. Deux choses à retenir :
- Elle n'a rien à voir avec la TVA ni l'impôt sur le revenu : c'est un impôt distinct, en plus de vos cotisations sociales.
- Elle est due même sans local. Si vous travaillez de chez vous ou chez vos clients, vous payez une cotisation minimum fixée par votre commune.
Les exonérations : quand vous ne payez pas
- L'année de création : exonération totale et automatique, quel que soit le mois de démarrage.
- La deuxième année : vous payez, mais votre base d'imposition est réduite de 50 %.
- CA inférieur à 5 000 € : exonération automatique. Le seuil s'apprécie sur le CA de l'avant-dernière année (N-2) : pour la CFE 2026, c'est votre CA 2024.
- Certaines activités et zones (artisans seuls, artistes-auteurs, QPV…) : exonérations spécifiques.
Ces exonérations se cumulent : un auto-entrepreneur qui démarre sous 5 000 € peut ne rien payer plusieurs années. À corriger : l'exonération « 3 ans » a été supprimée en 2014.
Le piège : la déclaration initiale 1447-C
L'exonération de la première année (et la réduction de la deuxième) n'est acquise que si vous avez déposé la déclaration initiale de CFE — le formulaire 1447-C — avant le 31 décembre de l'année de création.
Elle se fait une seule fois, auprès de votre service des impôts (SIE). Ensuite, plus de déclaration annuelle, sauf changement de surface, d'adresse ou d'activité (formulaire 1447-M).
Combien ça coûte ?
Sans local, vous payez la cotisation minimum, qui dépend de deux choses : votre chiffre d'affaires de référence (N-2) et votre commune, qui fixe le barème. Concrètement, elle va de quelques centaines d'euros à, plus rarement, plus de mille euros selon les cas. Il n'y a pas de montant unique : deux auto-entrepreneurs identiques dans deux villes différentes ne paient pas pareil. Le montant exact figure sur votre avis, dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Quand et comment payer
L'avis de CFE n'est jamais envoyé par courrier : vous devez le consulter vous-même en ligne. Le calendrier 2026 :
| Échéance | Date 2026 |
|---|---|
| Mise en ligne de l'avis (espace pro impots.gouv.fr) | mi-novembre |
| Adhésion au prélèvement mensuel | 30 juin |
| Adhésion au prélèvement à l'échéance | 30 novembre |
| Paiement de la CFE | 15 décembre |
Paiement obligatoirement dématérialisé. Un acompte à la mi-juin n'existe que si votre CFE précédente dépassait 3 000 € — rare pour un auto-entrepreneur.
Connectez-vous dès début novembre sur impots.gouv.fr pour consulter votre avis. Comme aucun courrier ne vous prévient, c'est l'oubli le plus fréquent — et un retard entraîne une majoration de 5 % (plus 0,2 % par mois).
En cas de retard ou de difficulté
- Erreur sur l'avis (mauvaise commune, base incohérente) : faites une réclamation auprès de votre SIE.
- Cessation en cours d'année : vous pouvez demander un dégrèvement au prorata — mais ce n'est pas automatique, contactez le SIE avant le 15 décembre.
- Difficulté à payer : demandez un délai de paiement ou une remise auprès de votre SIE.
Pour le reste de votre fiscalité, voyez nos guides sur les seuils de TVA, la déclaration de votre CA à l'URSSAF et vos cotisations sociales.
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur doit-il payer la CFE ?
Quand paie-t-on la CFE ?
Suis-je exonéré de CFE si je n'ai pas de local ?
Comment être exonéré de CFE la première année ?
Une question sur votre CFE ?
Precidoc répond à vos questions de compta et fiscalité en s'appuyant sur les sources officielles, toujours à jour. Vos 3 premières questions sont offertes, sans carte bancaire.
Essayer Precidoc gratuitement